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Opinion  •  2 min

Vers une nouvelle économie qui conçoit mieux et valorise davantage

Daniel Rotman

Executive Director

Published on 

Certains membres du Pôle québécois de concertation sur l’économie circulaire demandent à tous les partis politiques de prendre certains engagements en vue des prochaines élections

La session parlementaire a officiellement pris fin à Québec, et nous voici à l’aube d’une prochaine campagne électorale. Nous, soussignés, membres du Pôle québécois de concertation sur l’économie circulaire, lançons un appel à l’ensemble des partis politiques : engagez-vous à maintenir, renouveler et bonifier la Feuille de route gouvernementale en économie circulaire 2024-20281.

Cet engagement ne devrait pas être partisan. Le Québec s’est doté d’une première architecture gouvernementale cohérente pour passer d’une économie qui extrait, consomme et jette trop rapidement à une économie qui conçoit mieux, utilise mieux, répare, partage, valorise et préserve davantage la valeur des ressources qui circulent sur son territoire.

Les faits parlent d’eux-mêmes. Le plan de mise en œuvre 2025-2028 prévoit 132 actions portées par 21 ministères et organismes, pour un levier financier potentiel de plus de 758 millions de dollars. Il cible des secteurs névralgiques : le bioalimentaire, la construction, le manufacturier, les mines et l’énergie. Il s’appuie aussi sur des leviers essentiels : recherche et innovation, formation, achats publics, cadres législatif et financier, concertation des chaînes de valeur, exemplarité de l’État et action internationale. Ce n’est pas un catalogue de bonnes intentions. C’est une trajectoire de politique industrielle, territoriale et climatique adaptée aux défis de notre temps, y compris sur le plan géopolitique.

Dans un monde marqué par l’instabilité commerciale, la rareté croissante de certaines ressources clés, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et la pression sur les finances publiques, l’économie circulaire constitue une approche de performance.

Dans un contexte où la demande mondiale en ressources continue de croître, il est impératif d’en augmenter la productivité. Certaines stratégies de circularité permettent, entre autres, de compléter l’approvisionnement primaire en maintenant les ressources déjà extraites plus longtemps dans l’économie. D’autres stratégies de circularité permettent de réduire les pertes et le gaspillage, d’allonger la durée de vie des biens, et de renforcer la résilience de nos entreprises, municipalités et régions.

Pouvoir d’achat et accès aux biens

L’économie circulaire est également liée au pouvoir d’achat et l’accès aux biens. Réparer plutôt que remplacer, utiliser plus efficacement les produits, réduire le gaspillage alimentaire, stimuler les modèles de mutualisation, de partage et de réemploi : voilà des solutions concrètes pour les ménages, comme pour les entreprises.

Le Québec doit également renforcer sa coopération internationale avec les États et provinces les plus avancés. Plusieurs marchés intègrent déjà des critères de circularité, de traçabilité, de réparabilité et d’écoconception.

Pour être un partenaire crédible, le Québec doit anticiper ces standards, outiller ses entreprises, valoriser ses expertises et bâtir des alliances structurantes avec les territoires dont il veut être le collaborateur.

Le Québec dispose déjà d’atouts majeurs : une énergie faible en carbone, des expertises scientifiques reconnues, des municipalités mobilisées, des entreprises innovantes, une économie sociale dynamique et une culture de concertation. Ces atouts ne produiront leurs pleins effets que si l’État maintient un cap clair, prévisible et ambitieux.

Nous demandons donc à chaque formation politique de prendre trois engagements : préserver la Feuille de route gouvernementale ; poursuivre la bonification annuelle de son plan de mise en œuvre avec des moyens financiers, réglementaires et d’accompagnement à la hauteur ; et faire de l’économie circulaire un axe explicite des politiques économiques, industrielles, climatiques, régionales et internationales du Québec.

Les prochaines élections doivent être l’occasion d’un consensus : l’économie circulaire n’est pas un supplément vert. C’est une condition de prospérité, d’autonomie et de résilience pour le Québec.



Cosignataires :

Claude Maheux-Picard, Directrice générale, Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTEI) ; Daniel Normandin, Directeur, Centre d’études et de recherches intersectorielles en économie circulaire (CERIEC) ; Béatrice Alain, directrice générale, Chantier de l’économie sociale ; Hélène Lauzon, présidente-directrice générale, Conseil patronal de l’environnement du Québec (CPEQ) ; Maryse Vermette, présidente-directrice générale, Éco entreprises Québec (EEQ) ; Véronique Proulx, présidente-directrice générale, Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) ; Olivier Carrière, secrétaire général, Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ) ; Andrew Henderson, directeur scientifique, Réseau de recherche en économie circulaire du Québec (RRECQ) ; Marie-France Bellemare, co-présidente, Réseau des entreprises d’économie sociale et circulaire du Québec (REESCQ) ; Anne Desautels, directrice technique, réseau Environnement.