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Communiqué de presse  •  3 min

Autobus scolaires électriques : Un premier «bulletin des provinces» révèle des écarts frappants

Publié le 

MONTRÉAL, 24 mars 2026 – L’Alliance canadienne pour l’électrification des autobus scolaires (ACEAS), dont Équiterre et Green Communities Canada sont des partenaires fondateurs, publie aujourd’hui un premier portrait comparatif de l’électrification des autobus scolaires au pays. Le constat est sans appel : avec seulement 3,8 % des autobus scolaires qui sont électriques à l’échelle nationale, la transition avance lentement à cause de coûts d’acquisition élevés et une grande disparité entre les provinces.

Le prix et les politiques

Le rapport souligne que le coût initial demeure le principal obstacle : un autobus scolaire électrique coûte encore 2,6 fois plus cher qu'un modèle diesel.

« L'argent est un frein à l'acquisition, mais les politiques publiques sont le véritable moteur. »

-Valérie Tremblay, Responsable de la mobilité durable chez Green Communities Canada et coordonnatrice de l’ACEAS


« Notre analyse montre clairement que les provinces qui ont des cibles claires et du financement stable, comme le Québec, sont loin devant celles qui n’ont aucun cadre réglementaire », ajoute-t-elle.

Les résultats en bref :

  • Les meneurs : L'Île-du-Prince-Édouard (33 % de son parc d’autobus scolaires électrifié) domine grâce à sa gestion centralisée. Le Québec (15 %) suit avec le plus grand parc électrique au pays, soutenu par des incitatifs robustes. La Colombie-Britannique 5 %) se distingue par son innovation, mais manque de cibles contraignantes.

  • Les moins performantes: L’Ontario (0,5 %) et l’Alberta (0,02 %) ferment la marche, tandis que sept autres provinces et territoires n’ont aucun autobus scolaire électrique, faute de stratégie.

​​« On ne peut pas simplement espérer que le parc d'autobus scolaires s'électrifie par magie. L'écart de prix entre les modèles au diesel et ceux électriques est une réalité indéniable, mais l’absence de planification stratégique des investissements en est une autre. Ce classement prouve que là où les gouvernements décident d'agir avec des objectifs clairs et une vision stratégique en mobilité et approvisionnement énergétique, les autobus électriques arrivent sur la route », explique Henri Chevalier, auteur principal du rapport et conseiller en mobilité durable chez Équiterre.

Une opportunité stratégique pour l’autonomie industrielle du Canada

Au-delà des bénéfices climatiques et sanitaires, le rapport souligne que l’électrification du transport scolaire représente une opportunité stratégique pour le Canada. En soutenant la production domestique, en structurant des chaînes d’approvisionnement locales et en accélérant le déploiement de technologies propres développées ici, les autobus scolaires électriques peuvent renforcer l’autonomie industrielle du pays.

Dans un contexte de montée du protectionnisme, cette transition constitue aussi un levier de résilience économique.

« Aujourd’hui, la quasi-totalité des autobus scolaires thermiques utilisés au Canada est fabriquée aux États-Unis. Développer une filière canadienne d’autobus scolaires électriques permettrait de réduire cette dépendance, de sécuriser les chaînes d’approvisionnement et de renforcer notre souveraineté industrielle. L’électrification n’est pas seulement une politique climatique : c’est aussi une stratégie économique tournée vers la résilience et la souveraineté industrielle », ajoute Henri Chevalier.

L'urgence d'agir au niveau du fédéral

Jusqu’en 2025, plusieurs provinces ont pu compter sur le Fonds pour le transport en commun à zéro émission (FTCZE) pour financer l’achat d’autobus scolaires électriques. Toutefois, ce programme ne comportait pas de volet dédié au transport scolaire, ce qui a limité sa prévisibilité et la part réellement investie dans ce secteur. Cette incertitude survient dans un contexte paradoxal : bien que les fonds disponibles aient été entièrement engagés, seule une portion limitée du FTCZE a été dirigée vers l’électrification des autobus scolaires, ce qui a freiné le déploiement à grande échelle.

Aujourd’hui, le FTCZE est épuisé, et les provinces attendent de connaître la part du nouveau Fonds pour le transport en commun du Canada (FTCC) qui sera consacrée à l’électrification du transport scolaire.

Selon un rapport de Dunsky Climat + Énergie, environ 1 milliard de dollars par an serait nécessaire pour électrifier l’ensemble du parc canadien. Ce montant correspond au coût total de la transition, tous ordres de gouvernement confondus et tous les acteurs inclus (transporteurs privés, gouvernements).

Dans ce contexte, l’ACEAS recommande que le gouvernement fédéral réserve au moins 250 millions de dollars par an exclusivement à l’électrification du transport scolaire via le FTCC. Une telle contribution fédérale ne couvrirait pas l’ensemble des besoins, mais constituerait un levier structurant pour donner de la prévisibilité aux provinces, catalyser des investissements provinciaux complémentaires, améliorer significativement les résultats futurs du bulletin des provinces.


Pour plus d’information :

(514) 605-2000 ; media@equiterre.org

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