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Communiqué de presse  •  2 min

Abandon de la norme sur les véhicules électriques : Ottawa se plie à une industrie dépassée

Montréal, 5 février 2026 — Équiterre déplore la décision du gouvernement canadien d’annuler la norme canadienne sur la disponibilité des véhicules électriques (Norme VZE) et de s’en remettre essentiellement à des normes d’émissions de véhicules pour orienter l’avenir du parc automobile.

« Cette décision entraîne notre industrie automobile dans une spirale régressive alors que la tendance mondiale est à l’électrique. Pour un gouvernement qui s’autoproclame grand supporteur de l’innovation et des nouvelles technologies, c’est plutôt gênant de le voir miser sur le moteur à essence : une technologie qui date du 19e siècle », déplore Blandine Sebileau, analyste en mobilité durable chez Équiterre.

La réglementation abandonnée garantissait que les Canadiens et Canadiennes puissent être les premiers à acheter les voitures dont ils subventionnent la fabrication.

« Après avoir investi des milliards de dollars de notre argent pour soutenir l’industrie automobile, le gouvernement renonce aujourd’hui à exiger des résultats des fabricants et à les responsabiliser », ajoute l’analyste.

Alors qu'un cadre réglementaire fédéral, qui a notamment fait ses preuves au Québec, a été développé au cours des dernières années, le gouvernement essaie maintenant de réinventer la roue. Équiterre ne croit pas qu'il s'agit d'une utilisation optimale des ressources gouvernementales.

Encore des carottes pour l’industrie

Les normes d’émissions existent déjà au Canada et n’ont jamais permis, à elles seules, d’assurer l’offre suffisante de véhicules électriques abordables ni d’atteindre les volumes nécessaires pour transformer le parc automobile, selon une étude réalisée en 2024 par Équiterre, Environmental Defence et la Fondation David Suzuki.

« Réinvestir du temps et des fonds publics pour réemballer un cadre réglementaire déjà en place au lieu de garder le cap avec une norme qui était super efficace, constitue un gaspillage préoccupant de ressources publiques », souligne l’analyste.

« Dans ce contexte, ramener les subventions à l’achat, c’est continuer de donner des carottes à une industrie sans bâton en contrepartie. On va aboutir aux mêmes résultats que chaque fois que le gouvernement leur a offert des milliards sans exigences en retour » explique Blandine Sebileau.

Le potentiel des importations de véhicules abordables

Équiterre reconnaît que l’accord Canada–Chine et le protocole d'entente avec la Corée du Sud sont des gestes qui vont dans le sens d'une moins grande dépendance à une industrie nord-américaine emprisonnée dans une époque révolue. Cela devrait permettre d'avoir une plus grande diversité de modèles et qui vont mieux tenir compte des besoins et du portefeuille des consommateurs.

Toutefois, en l’absence d’une norme de disponibilité, ces importations représentent une part encore marginale et insuffisante pour compenser la réglementation abandonnée. Miser essentiellement sur cette voie revient à accepter un retard de plusieurs années dans l’électrification du parc automobile canadien.

Un coup porté à la santé publique et au climat

« En annulant la réglementation, le gouvernement prive les Canadiens et Canadiennes d’un air plus sain, d’un plus grand choix de véhicules électriques et d’une trajectoire crédible pour atteindre nos objectifs climatiques », conclut Blandine Sebileau.

Ce recul signifie le maintien, pendant plusieurs années supplémentaires, d’un parc de véhicules à essence hautement polluants. À l’inverse, préserver la norme aurait pourtant permis d’éviter 11 000 décès prématurés, créer 600 000 emplois verts et générer plus de 78 milliards de dollars de bénéfices nets d’ici 2050.


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