Québec, 18 mars 2026 - Équiterre accueille avec scepticisme le budget présenté par le gouvernement du Québec. Derrière une apparente prudence budgétaire se cachent des choix lourds de conséquences : le détournement des surplus du Fonds d'électrification et de lutte aux changements climatiques et la mise en place d'un régime législatif parallèle pour accélérer le développement de grands projets.
« Nous reconnaissons que le gouvernement opère dans un contexte de grande incertitude, tant sur le plan géopolitique que de politique domestique. Il fait malgré tout des choix très assumés en affirmant sa volonté d’utiliser le projet de loi 5 pour accélérer la transformation économique. Ce faisant, il confirme sa volonté de transformer l’économie sur le dos de l’environnement et en contournant nos lois. Il s’agit d’une vision à court terme, malavisée et irresponsable »
-Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales d’Équiterre
Équiterre souligne malgré tout la mesure pour favoriser la participation des collectivités autochtones aux consultations dans le cadre de développement de projets. Toutefois, cette mesure est ajoutée dans un contexte d’affaiblissement des protections environnementales par l’entremise du projet de loi 5.
Toujours en matière de transformation économique, Équiterre note que ce budget réserve plus d’argent dans l’adaptation des entreprises au nouveau contexte économique (700 millions $) que dans l’adaptation des collectivités québécoises aux changements climatiques (583 millions $). Considérant que les investissements en adaptation sont exclusivement dédiés aux programmes Rénoclimat et LogisVert, nous espérons que le plan de mise en oeuvre (PMO) du plan pour une économie verte (PEV) réponde aux enjeux pressants, notamment en matière de protection contre les inondations et les feux de forêt ainsi que de lutte à l’érosion.
Un fardeau pour un autre
Par ailleurs, il est important de rappeler que le plus grand contrôle du déficit est rendu possible par le détournement des surplus du Fonds d’électrification et de lutte aux changements climatiques.
« Le gouvernement fait le choix de miser sur l’équité financière intergénérationnelle au détriment de l’équité environnementale intergénérationnelle. Le Québec ne sort pas gagnant de ce transfert de fardeau »
En matière de mobilité durable, les investissements en transports collectifs sont globalement en baisse et c'est préoccupant. Si une hausse est prévue après 2030 pour entretenir les infrastructures existantes, elle ne suffit pas à compenser le manque d'investissements à court terme. Or, l'urgence d'agir est réelle.
Finalement, notre analyse des dépenses gouvernementales restera incomplète tant que deux éléments ne seront pas connus : le plan de mise en œuvre du Plan pour une économie verte, et la façon dont le prochain premier ministre compte utiliser le fonds discrétionnaire qui lui est réservé.
Par ailleurs, Équiterre invite le gouvernement du Québec à revoir ses pratiques budgétaires afin de présenter, à l'avenir, un portrait complet et transparent de l'ensemble de ses dépenses liées à l'environnement.
Pour plus d’information :
514 605-2000, media@equiterre.org
Les bureaux d’Équiterre sont situés sur des territoires autochtones non cédés par voie de traité que nous appelons de nos jours Montréal et Québec. Nous reconnaissons que les Premiers Peuples protègent leurs territoires depuis des temps immémoriaux et utilisent leurs savoirs traditionnels pour garder les terres et les eaux. Nous sommes reconnaissant(e)s de vivre sur ce territoire et tenons à poursuivre nos efforts pour le protéger. Pour en savoir plus »
