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Crise climatique et santé des sols : Repenser la gestion des risques agricoles

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Alors que les événements météorologiques extrêmes s'intensifient, Équiterre publie aujourd'hui un nouveau mémoire portant sur l'adaptation des programmes de gestion des risques agricoles. À l’aube des discussions pour le prochain Partenariat canadien pour l’agriculture 2028-2032, ce document d'analyse souligne l'importance d'intégrer la santé des sols au cœur des mécanismes de résilience de nos fermes.

L'état des sols et l'impact des programmes actuels

Au Québec, dans les régions de la Montérégie et du Centre-du-Québec 90 % des sols en grande cultures sont actuellement considérés en mauvais état. Cette dégradation, notamment par la compaction, affecte directement les rendements des cultures.

L'analyse d'Équiterre démontre que les programmes actuels de gestion des risques de l'entreprise, bien qu'ils soient essentiels pour sécuriser le revenu des producteurs, peinent à encourager l'adoption de pratiques agricoles durables. Dans certains cas, en absorbant les risques financiers, ces programmes peuvent engendrer un « aléa moral » qui favorise le maintien de pratiques moins résilientes, comme la monoculture, et limite l'adaptation du milieu face aux changements climatiques.

Des pistes de solution pour transformer la gestion du risque

Pour accompagner le secteur agricole dans cette transition nécessaire, le mémoire formule plusieurs recommandations visant à bonifier la conception des programmes, notamment :

  • L'intégration de la santé des sols dans l’évaluation des risques: Explorer l'introduction d'un diagnostic de sol approfondi parmi les mesures d'écoconditionnalité afin de mieux corréler la résilience des terres avec l'évaluation des risques.
  • La valorisation des bonnes pratiques et de l'innovation : Poursuivre l'évaluation des projets pilotes qui offrent des réductions de primes pour l'implantation de cultures de couverture et développer de nouvelles assurances dédiées spécifiquement à l'expérimentation de pratiques agroenvironnementales et à la diversification des cultures.
  • Le soutien au circuit court et à la lutte contre le gaspillage : Ajuster les paramètres des programmes pour qu'ils tiennent compte de la réalité des entreprises oeuvrant en circuits courts et qu'ils indemnisent les récoltes imparfaites (vendues à prix modique ou données aux banques alimentaires) plutôt que d'exiger leur abandon.

Vers une agriculture plus résiliente

La recherche indique qu'en modifiant nos programmes de gestion des risques pour y intégrer des incitatifs environnementaux, il est possible de réduire la vulnérabilité de notre agriculture face au climat et de consolider notre sécurité alimentaire.

Le document complet, publié en vue des prochaines consultations publiques, est disponible pour consultation dès maintenant.

À lire pour :

  • Prendre la pleine mesure de l’urgence économique et environnementale de réformer les programmes de gestion des risques, avec une attention particulière pour le Québec;
  • Constater les avancées et les prochaines étapes à franchir pour opérer un changement rapide des pratiques agroenvironnementales grâce aux programmes de gestion des risques;
  • S’outiller d’arguments et de solutions concrets pour participer à la consultation publique en vue du prochain Cadre stratégique pour l’agriculture du Canada.

Pour plus d'informations, veuillez contacter

Project Manager, Sustainable Agriculture